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Evaluation physiopathologiques et aspects psychologiques des régimes alimentaires amaigrissants

Dernière mise à jour : 12 oct. 2021

Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet très utilisé par beaucoup de monde : les régimes alimentaires amaigrissants

Pommes entourées d'un ruban-mètre.

De nos jours, de plus en plus de personnes dans le monde sont en surpoids ou même obèse. Le pourcentage actuel de personnes obèse est de 14,5% chez les adultes en France avec une augmentation constante ces dernières années, ce qui représente 6,5millions d’individus aujourd’hui. En comparaison avec les générations précédentes, nous mangeons beaucoup moins mais notre alimentation a changé et est devenu pauvre nutritionnellement, apportant surtout des calories et trop peu de vitamines, fibres et minéraux essentiels à l’organisme. La prévention de cette obésité et la promotion d’une alimentation saine et équilibrée est une des priorités des organismes de santé. Cependant, parallèlement à cette augmentation, la quête de la minceur est devenue depuis quelques temps un critère de beauté, de santé et de vertu sociale qui incite les individus à suivre des régimes alimentaires inappropriés et parfois trop restrictifs.


Le principe de ces régimes

Les régimes amaigrissants, souvent connus et populaires, promettent une perte de poids rapide, sans effort et surtout efficace. Derrière ces promesses se cachent une méthode commune :


- Une première phase (appelé « phase d’attaque ») pendant laquelle la perte de poids est la plus importante. C’est une étape primordiale ou la restriction de certains aliments les plus caloriques se fait, ou se crée un déficit énergétique (c’est-à-dire des dépenses énergétiques plus importantes que les apports) pour permettent l’amaigrissement.


- Une deuxième phase, la phase de stabilisation. Cela consiste à maintenir le poids perdu en réintroduisant certains aliments ou groupe d’aliments.



Cependant, il va quand même avoir des différences entre tous ces régimes. On peut les classer dans différentes catégories.


- Les régimes hypocaloriques :

La base de ces régimes est le contrôle permanent de la restriction calorique, l’apport étant entre 500 à 900 kcal/jour.

Exemples : régime Mayo, régime Scarsdale, régime Cohen.


- Les régimes faibles en glucides dits « low carb diet » :

Ces régimes excluent tous les aliments riches glucides simples et beaucoup d’aliments riches en glucides complexes. Ils sont censés permettre une perte de poids rapide à court terme, toutefois ils restent difficiles à poursuivre puisqu’ils excluent pratiquement totalement la source énergétique principale de l’alimentation. Effectivement, les glucides doivent représenter 55% de l’apport énergétique total environ. Avec ce type de régime, de nombreuses carences sont possibles notamment en fibres et en micronutriments.

Exemples : régime du Docteur Atkins, régime « Miami ».


- Les régimes hyper protéinés :

Ce sont des régimes ou l’apport en protéines est très nettement supérieur aux autres. Les aliments autorisés sont ceux à fortes teneurs en protéines tels que la viande, le poisson, les œufs et les laitages. L’objectif principal de ces régimes est de réduire l’apport calorique tout en empêchant la fonte musculaire. En plus, ces régimes sont souvent hypocaloriques (aux alentours de 800 kcal/jour).

Exemples : régime Dukan


A noter qu’il existe d’autres types de régimes qui ne rentrent pas dans ces catégories comme le régime « détox » ou le régime soupe aux choux



Impacts physiologique de ces régimes alimentaires amaigrissants


Bien évidemment, le principal avantage de ces régimes, c’est qu’ils réussissent dans la plupart des cas à faire perdre à la personne les kilos qu’elle souhaite rapidement. Cependant, des études montrent qu’au-delà de 10% de perte de poids en moins d’un an, 95% des individus reprennent leur ancien poids, voire plus. Les personnes ont alors tendance à recommencer un régime qui se termine comme le premier. C’est un cercle vicieux, aussi appelé l’effet « yoyo », où dès la première tentative, le poids de base augmente de façon irréversible. Ce phénomène est dû notamment à des facteurs hormonaux. Après une phase d’amaigrissement, les médiateurs de la faim sont considérablement modifiés en comparaison de la période avant l’amaigrissement, ce qui engendre l’augmentation de la sensation de faim. Cette sensation s’accroît avec une augmentation de la ghréline, une hormone digestive qui stimule l’appétit, alors que les peptides anorexigènes (qui coupe la faim) comme la cholécystokinine et la leptine diminuent au bout de plusieurs semaines. La modification de ces médiateurs de la faim et de l’appétit après une période de restriction favorise donc la reprise alimentaire et ainsi la reprise de poids.


En supplément de cet effet, les régimes amaigrissants peuvent parfois être plus dangereux qu'efficaces. Au cours de ces régimes draconiens et trop restrictifs, des carences sont inévitables et une mise en danger de la santé est à prévoir. En effet, cela peut parfois amener le patient à des restrictions alimentaires trop importantes et inadaptées au maintien de sa santé avec des apports en macro et micro nutriments trop faibles.


Au niveau des conséquences, ces régimes peuvent notamment provoquer :


- des fontes musculaires.

- des problèmes de production d'hormones (donc d'autorégulation).

- une fatigue importante.

- des faiblesses osseuses.

- problèmes hépatiques.

- problèmes cardiovasculaires.

- problèmes rénaux.



Impacts psychologiques


En plus de ces impacts physiologiques, la plupart des personnes pratiquant finissent par ressentir des impacts psychologiques.


Si on s’intéresse à la prise alimentaire, elle « est contrôlée par un système de régulation physiologique infiniment complexe et sophistiqué, encore imparfaitement connu, qui assure la stabilité pondérale et la couverture des besoins énergétiques et nutritionnels en micronutriments nécessaires à la santé » (selon l’ANSES). Cependant, le comportement alimentaire doit également répondre à des besoins psychologiques indispensables à la stabilité pulsionnelle, émotionnelle et affective de la personne. L’apparition des troubles du comportement survient quand la personne s’impose des normes nutritionnelles sans faire attention à ses envies ou à ce qu’il aime. Il risque ainsi de court-circuiter les signaux métaboliques de régulation que sont la faim et la satiété. Au final, un régime mal mené avec une privation excessive peut conduire à des conséquences néfastes comme l’anorexie ou la boulimie. Mais ce n’est pas le plus courant. Très souvent, on va retrouver des personnes avec des variations d’humeur pouvant aller du stress, en passant par la frustration ou l’angoisse, jusqu’à la dépression et à l’obnubilation de l’apparence et des kilos. Aussi, une perte de l’estime de soi sans forcément qu’ils s’en rendent compte. En plus, ces restrictions qui influent sur l’humeur négative de l’individu vont engendrer une nouvelle prise de poids dû à la prise de sucre pour combattre la dépression. La reprise de kilos conduit à une baisse de l’estime de soi et pousse à nouveau le sujet à entreprendre un régime: c’est un véritable cercle vicieux.

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